Le mal du pays : quelques parents témoignent

Changer de pays, quitter sa famille, ses amis, c’est dur pour les enfants mais pour les parents aussi. En Argentine, Nadège a mis en place une technique bien à elle pour consoler sa petite tribu. Aux Philippines, Adelaïde préfère ne pas cacher ses coups de blues à ses filles et puis en Angleterre, Myriam aimerait modifier l’image des expats.

Le témoignage de Myriam, en Angleterre

Myriam : « Souvent les gens voient les expatriés comme des privilégiés. Alors c’est vrai qu’on est privilégié. En général, expatrié dans le sens où je le vis moi c’est-à-dire que je suis mon mari qui est muté par sa boîte dans différents pays. C’est vrai que du coup on est plus privilégié mais parfois ça peut s’avérer aussi être une « prison dorée » : on est un peu coincés, on ne fait pas ce qu’on veut, le conjoint qui suis fait un peu une croix sur sa vie professionnelle ou alors s’il veut construire une vie professionnelle, il faut que ce soit possible de bouger tous les 3 ans. Cela demande des efforts et c’est parfois dur à faire de changer de vie de déménager souvent, de changer ses enfants, tout cela demande beaucoup d’efforts et beaucoup d’énergie et donc les expatriés qui vivent bien et qui sont heureux, ils le méritent parce que ça ne se fait pas tout seul. »

Le témoignage d’Adélaïde, aux Philippines

Adélaïde : « C’est un inconvénient aussi parce que ça ne se fait pas tout seul, tout ce qui autour de la continuité du lien et ça même les adultes se posent la question de savoir comment faire quand on part, qu’est ce qu’on garde et comment on fait pour entretenir le lien à distance. C’est vrai que nous aussi on doit séparer et je pense que c’est important de ne pas le cacher aux enfants. Dire que nous aussi on ressent des émotions, ça peut être aussi très rassurant pour un enfant. Et le fait de dire nos émotions n’est pas forcément d’angoisser nos enfants. C’est aussi une manière d’échanger, de se rapprocher aussi et puis de partager ensemble. Ce qui fait que cette vie-là a quelque chose de particulier par rapport à la séparation et les sentiments. »

Témoignage de Nadège en Argentine

Nadège : « Un changement de pays amène aussi vers l’adulte une sorte de moment de deuil. Il y a des pays dont on se remet plus vite que d’autres et moi je ne suis pas différentes des enfants, je les aide mais nous adultes on passe pareil, on quitte les amis, on quitte notre zone de confort. C’est plus les enfants quand ils arrivent avec trop de négativité, il y a un moment donné on est obligé de dire « bon ben ça suffit parce que moi aussi j’ai ma négativité » . Il y a l’empathie et à un moment donné le discours est simple, on a pas le choix. On peut se plaindre, on peut dire que…mais au bout du compte, le pays où l’on habite maintenant c’est la seule école à laquelle on peut aller. Du coup j’ai mis en place 15 minutes par jour pour avoir le droit d’être dans une émotion négative. Parfois cela fait du bien d’aller jusqu’au bout. C’est comme quand on est très triste, cela ne va pas changer les choses mais d’aller jusqu’au bout et puis après on repart de l’avant.

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